Et aussi

 

Note d’intention

L'idée est de filmer une cinquantaine de rites. Le film durera 1h30 et ne s'attardera pas plus de 2 minutes par célébrations.

 

Plus de 2 minutes et l'aspect documentaire prend le dessus: le film commence à raconter l'histoire du rite et le spectateur veut en savoir plus. 

Or l’idée est de faire un film destiné à l’imaginaire du spectateur, non à son entendement. Être Humain n’est pas un documentaire, et il n’a pas un but éducatif. Il répond à un pourquoi, non à un comment. Il veut montrer la beauté du monde, enchanter le regard du spectateur.

 

Le film embrasse une quinzaine de pays : La moitié en Europe, notamment en Espagne, berceau de nombreux rites étonnants. Mais aussi en Inde et au Japon. Le plus lointain est le Vanuatu, où se déroule le saut du Gaul (saut à la liane depuis un échafaudage de bois d'une vingtaine de mètres, qui permet aux hommes, s'ils ont le courage de sauter, d'avoir droit à une compagne).

 

Comme on l’a déjà vu, les aspects historiques et ethnographiques du rite ne sont pas le sujet de Être Humain.

 

Concrètement, dans le film, il n'y a donc aucune indication (ni titrage, ni voix off) sur les rites montrés à l'écran.

Nul nécessité de savoir où nous nous trouvons, la géographie de ce film c’est celle de l'être humain. C'est sur lui que nous naviguons.

 

En devinant éventuellement la région du rite par une couleur de peau ou une langue, le spectateur se fait son propre récit, son voyage.

Pendant le film, le spectateur pense, réfléchit, s'adapte, se trompe, s'étonne, soudain comprend, se focalise, se pose des questions.

On s'attarde sur des yeux, un regard, on essaye de les faire résonner entre rites. De même pour les gestes, les manières de se déplacer, de lancer un objet. 

La chorégraphie des corps est un fil conducteur de Être Humain. 

 

Bien que consubstantielles à l'humanité, les cultures sont changeantes, mouvantes, elles ne cessent de s'adapter et de se transformer en fonction des époques et des géographies. L'objet du film est de dévoiler l'invariant humain au delà de la diversité des cultures.

Être Humain est le projet de film sur lequel je travaille en ce moment.

Il s'agit d'un projet de film de long métrage cinéma, qui veut faire notre portrait  à travers les célébrations, fêtes et rites que l’on retrouve un peu partout sur terre. Fêtes de l’eau, des couleurs, rites initiatiques, rites de passage...

 

Dans ces célébrations, notre humanité se dessine plus clairement.

Les lignes y sont plus marquées, les émotions moins floues,                         il y a plus de bruits, d'expressions, d'émotions, les masques sociaux s'évaporent.

 

Être Humain relie des rites supposés différents, opposés, éloignés. 

Afin de révéler les traits communs à notre espèce.

L'instagram de Être Humain

Les aquarelles du projet

«Ce ne sont pas les rites dans leur détail qui m’ont intéressé, mais leur signification essentielle et leurs situations relatives dans des ensembles cérémoniels» 

Arnold Van Gennep

 

C’est cette signification essentielle que ces aquarelles m’aident  à chercher. 

Pour chaque rite, il y a une ou deux images qui racontent tout, qui extraient la quintessence de l’événement et désherbent  le folklore touristique et les habillages culturels et cultuels.

Chacune de ces aquarelles représente un rite. Et représente précisément ce que je voudrais filmer de ce rite, l’image qui devra rester.

Cela montre aussi comment les rites vont s’enchaîner.  Comme dans l’exemple suivant où le rite de Boreyong (combat de boue en Corée), du holi (combat de couleur en Inde), du Hadaka Matsuri (Combat d’hommes nus au Japon), enchaînés de cette manière, montrent comment la superposition de tailles de plans identiques crée du lien et du sens. L’unicité cachée de ces trois manifestations, pourtant très éloignées culturellement  et géographiquement, est ainsi dévoilée : le besoin de se retrouver en groupe, de se serrer, de faire semblant de se battre pour mieux se toucher et faire s’évaporer les angoisses existentielles.